Le billet du lundi

Amine Cassim vous propose chaque lundi un regard sur l'actualité, sur notre monde d'aujourd'hui.
Vous pouvez également poster des commentaires, des remarques en fin de chaque billet.

 

Un G8 pour rien !

Comme prévu, le G8 qui s'est tenu la semaine passée en Irlande n'a rien donné quand à la possibilité de régler le problème syrien! Si Bachar el Assad a affirmé que " si les Européens livrent des armes aux rebelles, l'arrière cour de l'Europe deviendra un terrain pour le terrorisme et l'Europe en paiera le prix ", le prix à payer pour les populations syriennes est déjà très lourd puisqu'on dépasse les 100.000 morts, l'utilisation de l'arme chimique sur son propre peuple, sans compter les camps de réfugiés qui accueillent des milliers de femmes et d'enfants près des frontières turques et libanaises.

 

Aucune avancée donc lors du G8 à Lough Erne, ou les soit-disants leaders du monde libre se sont heurtés au veto russe. Vladimir Poutine l'a clairement dit à David Cameron, puis à Barack Obama, la Russie " respecte les règles internationales et ne brise aucun accord international...(..) en vendant des armes au gouvernement légitime syrien ", tout en ajoutant que " la communauté internationale ferait bien d'en faire autant, de respecter les règles internationales ". Ce qui veut dire que Moscou n'acceptera jamais que les occidentaux livrent des armes aux rebelles syriens. Fermez le ban!

 

Remake de la guerre froide, avec des visages fermés, lors des têtes à têtes, mais il semblerait qu'en attendant la préparation d'une conférence sur la Syrie pour cet été à Genève ( baptisée Genève-2 ), les occidentaux se soient malgré tout décidé à livrer des armes aux insurgés ( missiles sol-air ), via l'Arabie Saoudite. Sur le plan diplomatique, l'Egypte vient de rompre ses relations avec Damas, ce qui isole encore plus le régime de Bachar. Ce qui est essentiel, c'est le soutien des occidentaux aux Sunnites, pour contrer l'influence de l'Iran, qui finance la terreur via le Hezbollah. Ce qui se joue dans ce conflit, qui est déjà régional, c'est de maintenir la pression sur l'Iran, qui malgré le changement de président, avec l'élection d'Hassan Rohani le week-end dernier, un modéré, est en passe de se doter de la bombe nucléaire. La Syrie, est aussi un enjeu de sécurité nationale pour l'Europe, et il serait temps de confronter les Russes. Après tout Moscou n'est qu'un nain économique avec une mono industrie ( le gaz et le pétrole ) et il serait aisé de la faire plier! A moins qu'il ne s'agisse que de " réal politique ", de lâcheté de la part des occidentaux, la Syrie n'ayant pas d'enjeux économiques comme la Libye où le Mali! Dans ce cas autant le dire, et que les chancelleries arrêtent de faire semblant de s'émouvoir de l'utilisation d'armes chimiques sur le territoire.

 

Amine Cassim

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Un naufrage moral!

Une lâcheté occidentale, et 100.000 morts en 2 ans de conflit en Syrie. Voîlà le bilan de notre posture du deux poids deux postures. L'usage d'armes chimiques devait être la ligne rouge pour une intervention - Barack Obama l'avait annoncé fin août - et visiblement cela a eu lieu il y a quelques semaines. Evidemment Bachar el Assad n'est pas Saddam Hussein - il utilise l'arme chimique sur 5-6 personnes, notamment à Khan al-Assal - mais cela devrait suffir pour sauver des populations effrayées par les actes de torture du régime de Damas. Mais plus l'accusation fait foi, et plus la détermination occidentale faiblit!

 

Certes, il n y a ni pétrole, ni gaz en Syrie, et les chancelleries occidentales nous expliquent que livrer des armes aux insurgés, ce serait armer les djihadistes, et personne ne veut prendre ce risque. Mais, ne pas le faire est pire, car en réalité, l'impuissance occidentale favorise le régime de Damas, et surtout, les populations, dégoutées par notre attitude, prennent le parti des extrémistes, en arguant du fait que l'Occident abandonne ses propres valeurs morales, et n'intervient que lorsque ses intérêts économiques et géostratégiques sont en jeu.

 

Barack Obama, après l'utilisation d'armes chimiques, à " petite échelle ", par Damas, a indiqué qu'aucune décision ne peut être prise " sans preuves solides ".  Que faudrait il? Un massacre à la " Sabra et Chatila ", où les 200.000 morts kurdes - gazés par le régime de Saddam - dans la petite ville d'Halabja? On nous dit aussi que Moscou bloque toutes les résolutions contre le régime de Bachar, et que rien ne peut se faire contre les Russes. La belle affaire...où la belle excuse, car d'un autre côté, l'Europe n'a pas hésité à taxer l'argent russe déposé dans les coffres forts chypriotes! A ce rythme là, la Jordanie risque d'être aussi entrainée dans le conflit, et Bachar aura alors gagné son pari: porter la guerre au delà de ses frontières, pour rester au pouvoir!


Amine Cassim

 

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Le cas d'école chypriote!

Le projet européen se fissure de partout, et la troika ( Union européenne, FMI et la BCE ), avec la bénédiction de l'Allemagne, continue de faire comme si de rien n'était. Les peuples du Sud sont à genoux, mais à qui la faute? Ils ont voté pour des gouvernants qui ont fait une politique d'argent facile, et maintenant il faut payer la note! Tel est le raisonnement des payeurs.

 

Chypre, est le dernier scandale en date. En voulant ponctionner, dans un premier temps, les dépôts inférieurs à 100.000 euros à 6,75%, et les dépôts supérieurs, à 9,9%, l'Europe a ouvert une boite de Pandore. Certes, elle a fait marche arrière devant la bronca des populations, en ne taxant finalement que les dépôts supérieurs à 100.000 euros à près de 40%, mais le mal est fait. L'argent des déposants n'est plus en sécurité et même si les autorités ont affirmé que c'était un " malentendu ", qui pourra croire les promesses des Etats? 

 

Chypre aura un défaut de paiement, car l'île se rendra compte que la ponction sur les comptes n'est pas suffisante pour couvrir les 7 milliards manquants. La troika a promis un versement de 10 milliards, qui tarde à venir, et il est fort probable que le pays sorte de la zone euro. Faire un exemple, sur un tout petit pays, qui a le PIB ( produit intérieur brut ) du Limousin, sera une façon pour l'Europe de faire un test grandeur nature, sans risque, et cela sera aussi une manière de montrer aux autres pays, dits faibles, que la seule alternative pour jouer dans la cour européenne ( où allemande ), c'est l'austérité!

 

Le message de l'Europe est très clair. Tout sera fait pour sauver la monnaie unique, même si on doit sacrifier des pans entiers de populations du vieux continent, considérés comme simple variable d'ajustement. La grogne est partout, et il n'est pas loin le moment ou celle-ci va éclater, pour sortir de l'impasse, et reprendre les clés de l'Europe, des mains des financiers, pour les rendre à ses citoyens.

 

Amine Cassim

 

 

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L'aveu!

L'affaire Cahuzac a alimenté toutes les conversations du week end, lors des diners familiaux, où les rencontres entre amis. De quoi est-elle le nom? D'une classe politique - d'autres noms vont apparaitre dans les semaines à venir à priori - qui se croit, et qui se vit, au dessus des lois? D'une gauche, qui à force de donner des leçons de morale, à tout bout de champ, se voit rattraper par la réalité, comme les affaires qui ont plombé le septennat de François Mitterrand? Sans doute un peu de tout cela.
Ce qui est une continuité, sous tous les régimes, en revanche, c'est que les plus aisés " veulent échapper à l'impôt..parce que leur sentiment, est que les sommes qui leur sont réclamées servent à une redistribution de la richesse, dont ils sont par construction les donataires, et non les bénéficiaires ( Paul Jorion, anthropologue, économiste ) ". Et les choses ont changé depuis le début de la crise de 2007. Contrairement aux apparences, il n'y a pas plus de fraude, ni de corruption en temps de crise. Il y a juste, que ces pêchés se voient plus, quand le reste de la population souffre du chômage de masse, et du marasme économique. 

Ce qui est intéressant aussi dans le cas Cahuzac, c'est l'américanisation de la vie politique française. Jérôme Cahuzac invoque le pardon, le sentiment de honte, fait appel à sa famille, comme l'a fait DSK, lors de l'affaire du Sofitel. Même forme de communication, car même " gourou " - Stéphane Fouks - et même agence de communication ( Euro-RSCG ). Le mensonge a plus d'impact, que le fait d'avoir un compte, dans un pays à fiscalité avantageuse. Un début de puritanisme, vendu par les médias - il n'y a qu'à voir les unes du 5 avril -, alors que dans le même temps, un sondage BVA du 6 avril, montrait que 46% des Français réclament de leurs dirigeants politiques, de la compétence, quand seulement 23% leur demandent d'être honnêtes! C'est ce que l'on appelle le paradoxe français.

Amine Cassim
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Good night old world!

L'Europe, au lendemain des élections italiennes, s'est réveillée avec la gueule de bois! Avec des populistes, comme Beppe Grillo qui a raflé 25% des voix, où un Silvio Berlusconi, qui tient la majorité au Sénat, on ne peut pas dire que la tache de Pier Luigi Bersani soit aisée. Non seulement l'Italie se retrouve enfermée dans un piège, mais le vieux continent se trouve aussi dans le piège transalpin. Le piège de l'austérité, le piège de la récession, avec un taux de chômage qui explose, et de plus en plus de mécontents.

 

Que croyaient les dirigeants européens? Qu'après avoir imposé un " Goldman Sachs s boy ", en la personne de Mario Monti, non élu, les Italiens allaient entériner toute la politique d'austérité, qui n'a fait nulle part la preuve de son efficacité, en un claquement de vote, comme si rien ne s'était passé? Que la pression fiscale sur les ménages, que l'effort d'ajustement sur le secteur privé, avec des salaires qui stagnent, où qui sont tirés à la baisse, alors que la dépense publique reste à un niveau élevé, ne va pas mécontenter les citoyens? Il faut savoir qu'à partir d'un certain seuil, la politique se venge, lors d'élections générales, et met dans le même sac, ceux qui dirigent un pays ( élites, politiques, médias, etc...) et que derrière, nous avons les extrêmes qui surfent sur la vague. Les mêmes qui soutiennent ce type de politique, aujourd'hui, iront manifester, et crier à l'anti-fascisme demain!

 

En France, la situation n'est guère mieux! 55% des Français ne savent pas ou le gouvernement va! Et quitte à être impopulaire, autant l'être jusqu'au bout, alors que 38% de nos concitoyens considèrent la construction européenne comme une source de crainte ( sondage BVA, publié il y a 15 jours ). L'institut note que " la fracture entre ceux qui se perçoivent comme les gagnants, et ceux qui se considèrent comme les perdants de la construction européenne, est désormais spectaculaire ", et 75% pensent que l'Union européenne a été inefficace ces derniers années ( peu efficace 56%, et pas efficace du tout 19% ).

 

Alors que faire? il faut revenir - s'il n'est pas trop tard! - sur la politique d'assainissement à 2 ans, prendre le temps de la faire accepter, sans compter qu'il faudra changer le mandat de la BCE, en lui demandant de créer les conditions de la croissance, par l'arme de la politique monétaire. Rentrer dans le dur sur les dépenses publiques, avec comme conséquence la modernisation de l'état, et arrêter de rincer les ménages avec une hausse de la fiscalité, qui tue la consommation. Et puis, comme le dirait Paul Krugman, prix nobel d'économie, un peu d'inflation ne ferait pas de mal. Mais là, les Allemands seront intraitables! Dans ces conditions, il faudra aller avec les pays du Sud, convaincre - ou confronter - l'Allemagne, car elle ne peut décider pour toute l'Europe, seule, et surtout, elle ne peut toujours avoir raison contre ses voisins!

 

Amine Cassim

 

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Qui est le plus clownesque ?

Depuis mardi, les chaînes d'infos, Peer Steinbruck, et quelques experts, nous assènent de leurs vérités en se moquant du scrutin italien. Beppe Grillo, et Silvio Berlusconi, sont traités de clowns, - les 2 candidats n'ont aucunement ma sympathie! - et à nouveau les élites politiques font comme si on mettait en scène Rigoletto, comme si les électeurs italiens n'étaient que des enfants qui auraient joué un mauvais tour à l'Europe.

 

Mais qui est le plus " clown ", entre nos deux lascars et Ben Bernanke, qui imprime de l'argent à tout va, où Mario Draghi, qui nous assure que " l'euro est irréversible "? Qui est le plus clown entre eux et nos politiques, qui montrent du doigt les " perturbations " occasionnées par le scrutin italien? Une manière d'affirmer, " circulez, il n y a rien à voir ", et de déconsidérer un choix démocratique. De manière à peine voilée, leur message est de dire qu' il est souhaitable que l'Italie change son système électoral, puisque ses citoyens ont mal voté! En terme d'image, ce scrutin tourne en dérision l'Europe, la Monnaie unique, et casse l'idée que " la crise de la zone euro est derrière nous ", comme l'a indiqué à plusieurs reprises François Hollande.

 

Mario Monti a légitimement le coeur lourd après son score décevant de lundi dernier ( 9% ) et même s'il " ne blâme personne, ni au niveau de l'Union européenne, ni parmi les Etats membres, il est évident que la crédibilité de la politique menée dans un pays peut souffrir si d'autres demandent des reports et les obtiennent "! Suivez son regard...Dans le même temps il a aussi reconnu " un énorme problème de visibilité de la justesse de la bonne politique..(..) si la vertu n'apporte pas de gains visibles, elle risque d'être de courte durée ", a t-il déploré.

 

Ce scrutin italien constitue un tournant dans la gestion de la crise sur le vieux continent, et nul doute que le rejet des systèmes en place au bénéfice des partis dits " alternatifs " touchera aussi la France lors des élections intermédiaires de 2014 et 2015. Le populisme est une menace, mais dans une certaine mesure, il permet aussi à nos politiques d'ouvrir leurs yeux sur la réalité de la situation que vivent les populations, et qu'on ne peut plus raconter d'histoires! L'Europe était une promesse, et aujourd'hui elle est un fardeau pour des populations exsangues. Les citoyens ont souvent une longueur d'avance sur les élites, et il serait temps d'en prendre conscience.

 

Amine Cassim

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Le long chemin de Damas.

La guerre civile en Syrie, si tragique, - près de 80.000 morts en 20 mois - est de plus en plus occultée par la crise économique mondiale, et l'intervention française au Mali. Ici et là nous entendons les correspondants de guerre affirmer que les rebelles syriens gagnent des positions, mais dieu que c'est long le chemin qui mène à l'expulsion de la famille Assad, et de ces sbires. Barack Obama, a refusé la livraison d'armes aux résistants, contre l'avis de la CIA, de peur que les missiles et autres M16 ne tombent dans les mains des terroristes, ou des gens proches du pouvoir. Le syndrome afghan des années 80 est bien présent, et de guerre lasse, l'opposition commence à envisager une négociation avec " quiconque participe au gouvernement de Bachar, à la condition qu'il n'ait pas de sang sur les mains. "

La Syrie n'a ni pétrole, ni gaz, et évidemment, le regard des puissances internationales est purement humanitaire, et encore, malgré les discours d'apparence, les populations réfugiées n'ont encore rien vu venir. Le chef de l'opposition syrienne, Moaz al Khatib, fait un pari osé puisqu'à travers cet acte, il essaie de diviser le régime syrien, et attirer ceux qui seraient tentés d'ouvrir une brèche dans le système.

Les choses bougent doucement, et il va être intéressant de voir la réaction russe, alors que dans le même temps, Barack Obama tend la main aux Iraniens, qui pourrait maintenir leurs intérêts stratégiques dans la région, y compris donc le soutien aux Syriens, en échange de l'abandon définitif de son programme nucléaire.

B.Obama, prix Nobel de la paix, serait-il tenté de s'asseoir sur les morts,les assassinats d'enfants, pour préserver les intérêts américains dans la région? Et l'Europe dans tout çà? La voix de Catherine Ashton est décidément inaudible, si tenté qu'elle ait quelque chose à dire!

Amine Cassim

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Une musique malienne.

Aux victoires de la musique 2013, dans la catégorie " musique du monde ", ce sont Amadou et Maryam qui ont gagné avec leur album " Folila ". Youssouf N'Dour est monté sur la scène pour leur remettre le prix, et on pouvait lire sur les tee-shirts des enfants qui accompagnent le couple, " paix au Mali ".

 

Le Mali, omni-présent, et c'est bien naturel, alors que l'intervention française, avec les troupes africaines, font fuir les djihadistes, et quand bien même, notre présence se prolongera dans le temps, on ne peut que saluer nos troupes pour le travail effectué. Hélène Conway, ministre en charge des Français de l'étranger, avec Claudine Lepage, sénatrice, et Pouria Amirshahi, député de la circonscription à Bamako et à Niamey, sont allés sur place pour se rendre compte des conditions de vies de nos compatriotes. Leur souci principal concerne l'école, et donc la ré-ouverture du lycée Liberté de Bamako. Pas de prises de risques inutiles, ne sait-on jamais, en effet, un kamikaze pourrait faire sauter l'école, comme l'a dit la ministre Conway.

 

Délicat sujet, quand au principe de précaution - il apparait toujours comme excessif - mais dans ce cas, le pays en guerre contre des " forces invisibles ", surtout quand nos troupes sont là! Une fois les terroristes chassés - d'ici 2 mois, si tout se passe bien -, le pays sera à nouveau pacifié avec la convocation d'élections générales qui concernera tout le Mali. Patience pour l'heure, les choses avancent, en bon ordre, et la musique malienne va encore nous accompagner longtemps.

 

 

Amine Cassim

 

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Auschwitz: c'était hier!

“ Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers

Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés

Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants

Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

 

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres

Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés

Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre

Ils ne devaient jamais plus revoir un été

 

La fuite monotone et sans hâte du temps

Survivre encore un jour, une heure, obstinément

Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs

Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

 

Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel

Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou

D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel

Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

 

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage

Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux

Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge

Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

 

Les Allemands guettaient du haut des miradors

La lune se taisait comme vous vous taisiez

En regardant au loin, en regardant dehors

Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

 

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours

Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour

Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire

Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

 

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?

L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été

Je twisterais les mots s'il fallait les twister

Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez

 

Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers

Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés

Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants

Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent. “

 

 

Texte écrit, et chanté en 1963, par Jean Ferrat.

 

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Une ministre en visite à Berlin.

Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée aux francais de l'étranger, est à Berlin pour les célébrations du 50ème anniversaire du Traité de l'Elysée. A cet égard, elle nous a rendu une visite dimanche soir, à la rencontre des adhérents de l'ADFM, et des militants du parti socialiste. De bonne humeur, et dans une ambiance décontractée, la ministre nous a raconté ses premiers mois au Quai d'Orsay, et la politique mise en place concernant les bourses scolaires. Je vous renvoie à l'excellent article publié dans le Monde.

 ( http://www.lemonde.fr/education/reactions/2013/01/17/francais-de-l-etranger-l-aide-a-la-scolarite-ne-favorise-plus-les-familles-aisees_1818184_1473685.html ).

 

La ministre a évoqué aussi l'autre chantier qui va être mis en place d'ici 2014. Il s'agit de la réforme de l'Assemblée des Français de l'étranger, qui permettra d'élire près de 500 conseillers - contre 155 actuellement - qui auront une implantation locale, et seront donc sur le terrain, proche de nos concitoyens, ce qui favorisera une proximité plus grande. Les conseillers ne décideront pas des critères ( attribution des aides sociales, droit de regard sur le fonctionnement des établissements d'enseignement..) puisque ce sont les textes qui les prescrivent. Les élus les feront appliquer, et ils conseilleront les services de l'Etat.

Beaucoup a été fait depuis juin, et Hélène Conway, compte tenu de tout ce qu'il reste a faire, a demandé de la patience et de la solidarité. Le gouvernement a besoin du soutien de tous pour réussir le changement.

Amine Cassim

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Israel: le désamour (2)

 La semaine passée, les autorités israéliennes ont, une nouvelle fois, approuvé la légalisation d'une nouvelle colonie sauvage en Cisjordanie, alors que les élections du 22 janvier vont sans doute conforter le premier ministre Benjamin Netanyaou dans ses choix jusqu'aux boutistes. Une question me taraude tout de même: ou est passée la gauche israélienne, alors que tout l'espace politique est couvert par le Likoud, et les partis religieux? 

À écouter Zeev Sternhell, historien, et lauréat en 2008 du prix Israel pour ses travaux en sciences politiques, on assiste dans le pays à un repli sur soi de plus en plus important. La droite est majoritaire dans la société israélienne, et le phénomène de radicalisation a un rapport avec les problèmes de démographie à venir. " les laics font deux enfants, et les religieux font dix enfants, et les colons c'est la droite dure, la droite capable de tout, qui a un projet qui veut empêcher la création d'un Etat palestinien, annexer la Cisjordanie, et résister par la force s'il le faut  à celui qui oserait les défier, ou qui pousserait à un retrait juif de la colonie ", nous dit l'historien, et aussi contributeur au journal Haaretz. 

La gauche a perdu beaucoup de son attrait intellectuel, et pour Z.Sternhell, il faut revenir aux frontières de 67 car " tous les objectifs du sionnisme ont été atteints " et c'est sur ce thème que la gauche pourrait faire campagne, et expliquer aux citoyens israeliens que " tout ce qui a été fait jusqu'en 48, c'est bon et juste..(...), et que la guerre des six jours fut un accident, et ne peut-être considérée comme la suite de l'indépendance ". Donc la gauche doit convaincre l'électorat centriste sur ces thèmes, et faire revenir la conscience du pays à plus de raisons.

Vaste programme, mais si les intellectuels s'engagent plus à fond dans le débat politique, et donc dans le débat démocratique, alors, à terme, tout est possible. Un site intéressant sur le sujet: www.mathildevermer.fr

 

Amine Cassim
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Le Ying et le Yang.

Etrange traitement de l'information en France, concernnant le viol de cette jeune indienne à New-Delhi. Tous les clichés y passent - pays violent, société ou les femmes sont réduites à rien..- alors que personne ne relève l'attitude la jeunesse, qui se réveille, et manifeste dans la rue. Il faut avoir vu le film " Rang de Basanti ", sorti en 2006, ou une bande de jeunes porte le fer face à la corruption, et vont très loin dans la dénonciation du système, pour sentir que l'Inde change. Ces jeunes, de plus en plus éduqués, ont du mal à accepter le système patriarcale indien, et se rebellent, mais les médias, assez peu informés du reste du monde en général, font malheureusement peu de cas de cette transformation, de petites touches en petites touches, de la société indienne.

 

Sans doute l'Europe, prise par ce qu'Amin Maalouf appelle, dans " les identités meurtrières " , notre identité de crise ( nous y sommes depuis 35 ans! ), nous aveugle, et nous ne voyons même pas que l'Afrique, l'Inde et la Chine seront les géants de ce siècle. Trop occupés à alimenter notre matérialisme, nous nous moquons de ce qui fait la première richesse de ces continents: spiritualité et compassion.

 

Le crime de Nirhbaya fut odieux, et sera sans doute puni de la peine de mort, mais les médias français feraient mieux de passer un peu de temps en Inde, pour apprendre des autres ( pour une fois ) et ne pas constamment se référer aux clichés habituels. Au final, nos journalistes ressemblent à nos politiques. Ils se nourrissent entre eux, ne parlent aucune langue étrangère, et voyagent assez peu. Le monde bouge, et comme dirait le Dalai Lama, " avant de faire bouger les autres, il faut être son propre changement! "

 

Amine Cassim

 

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Le tournant égyptien.

Depuis plus d'un mois, l'Égypte se retrouve sous tension, alors que les affrontements continuent près du palais présidentiel. Images choc, car c'était la première fois que les Egyptiens descendaient dans la rue depuis le début du renversement de Hosni Moubarak, en janvier 2011. Ral de bol des conditions de vie, mais aussi inquiétudes autour de la déclaration constitutionnelle de Mohamed Morsi, qui a été adoptée la semaine passée, et dont 64% des Egyptiens ont voté pour. L'ombre des pratiques du pouvoir d'Hosni Moubarak plane sur le Caire, et évidemment cette dérive dictatoriale n'est pas prête de passer!

 

Même si Mohamed Morsi, l'homme fort du pouvoir, joue l'apaisement, en déclarant que " tous sont égaux devant la loi, et devant cette constitution ", de l'avis des observateurs, une dictature commence à voir le jour, même si l'Occident veut croire que rien n'est encore joué! En effet, face aux pouvoirs de M.Morsi, et de la possibilité d'installer une théocratie, il y'a des forces laïques, unies cette fois, et l'armée, clé de voûte du système, alliée aux investisseurs nationaux et étrangers. Sans compter à l'extérieur, l'Union européenne et les États-Unis, qui se sont déclarés inquiets, même s'ils sont reconnaissants à l'Égypte d'avoir joué un rôle important dans la trêve entre Israël et Gaza.

 

La prochaine étape est l'organisation des élections législatives, et cela est loin d'être gagné, pour le pouvoir en place. Une chose est sûre, l'Egypte ne sera jamais l'Iran et nous devons, en Europe, soutenir les forces démocratiques. Et à nos amis de l'Adfe du Caire, et d'Alexandrie, nous leur témoignons notre amitié en ces temps troublés, ainsi qu'à l'ensemble des Egyptiens.

Amine Cassim

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Namaste, Ravi Shankar !

Le maître de la musique classique indienne n'est plus! Ravi Shankar s'en est allé rejoindre ses amis, et notamment Georges Harrison, dont on commémorait le 11ème anniversaire de son décès le 29 novembre. Ces deux là se sont connus dans les années 60, lorsque les musiciens ( les Beatles, les Rolling Stones...) étaient à la recherche de nouveaux sons. Shankar et Harrison ont passé beaucoup de temps ensemble, et le maître indien avait même participé au concert de Woodstock en 1969.

 

Les réactions à sa disparition furent nombreuses, tant il fut l'ambassadeur de la culture indienne. Ravi Shankar etait lié à son art, le sitar, pratiquant dès ses 4 ans, et il fit son premier concert à la salle Pleyel à l'âge de 11 ans. Et comme tout élève doué qui se respecte, appartenant à la caste des Brahmanes - la plus haute caste en Inde - , Ravi Shankar avait un gourou, Alla Udin Khan, et durant sept années de discipline et de labeur, il prendra le chemin de l'initiation spirituelle et musicale. Dans ce monde là, on se lève avant le lever du soleil - en Inde, c'est 4h du matin -, et on travaille la musique pendant 14-15 heures par jour, sans compter les méditations, les partitions... Parfaite communion " entre les mains et l'esprit ", Ravi Shankar joue en attendant le verdict du maître.

 

" Quand je joue, je perds tout contact avec le monde extérieur, j'essaie de ressentir les choses hors de moi, et je suis pris d'une infinie tristesse, celle de ne pouvoir atteindre ce que je voudrais. Puis, j'essaie de m'en approcher, et plus je m'en approche au fil des notes, plus je me sens en paix. " Il faut aussi se rappeler sa rencontre avec Yehudi Menuhin, et Mstislav Rostropovitch, avec toujours cette idée de marier l'Orient et l'Occident. Très mal à l'aise avec le star-system occidental, il trouvait toujours refuge en Inde dans la méditation et le travail. Avec deux filles musiciennes ( Anouchka et Nora ), dans deux registres totalement différents ( l'une classique et l'autre pop ), Ravi Shankar laisse en héritage son talent et son humilité. Il est physiquement parti, mais sa musique restera éternelle.

 

Paix à son âme.

 

Amine Cassim

 

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Les saveurs du palais.

Moment de bonheur en retrouvant, ce qui fait entre autre, la richesse de notre pays, à travers le film " les saveurs du palais ". Hortense Laborie, jouée par Catherine Frot, vient un peu à la rescousse de Jean d'Ormesson, qui prend son rôle de président de la République, à merveille, en incarnant un Francois Mitterrand, silencieux, sobre, mais gourmet jusque dans ses gestes.

 

Moment de gourmandise, où notre palais, dans la salle de cinéma, était stimulé, par tous ces produits venant du terroir, sentant bon la France rurale. Nous ne savons pas faire de machines outils- que le ciel nous en préserve - mais nous savons exporter notre savoir vivre! Et dans cette atmosphère, où notre pays a une part d'universalité, on tombe sur Hiam Abass, sur Arte, dans Square, avec Vincent Josse. Hiam Abass, actrice, réalisatrice, photographe, arabe israélienne, palestinienne, nous parle en français de son métier de comédienne, de sa terre, de ses espérances, et nous téléspectateurs, fatigués d'entendre nous dire que notre pays va mal, que le modèle Allemand est la solution - que le ciel nous en préserve là aussi ! - on reçoit une bouffée d'oxygène.

 

Dans cette ambiance un peu anxiogène, il y'a enfin Christian Bobin, et son dernier livre " l'homme-joie ", où il écrit qu'il " n'y'a rien de plus rare, ni de plus vivant, ni de plus important au monde que d'essayer de rencontrer quelqu'un. L'autre est un miroir. Si le miroir est de bonne qualité, il nous permet de nous deviner en lui. " " Les saveurs du palais ", c'est aussi être au carrefour du monde. Et les Français sont doués pour tout ce qu'ils n'apprennent pas.

 

 

Amine Cassim

 

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Ciao Bello !

 

Matteo Renzi n'aura finalement pas crée la surprise, lors du second tour des primaires italiennes, qui a eu lieu dimanche. C'est Pierluigi Bersani qui aura raflé la mise avec 60,9% des voix, tandis que Mr Renzi n'aura convaincu que 39,1% des votants. Mais il faudra compter avec l'homme fort de Florence pour jouer les troubles fêtes lors des prochaines échéances, et les observateurs sont assez d'accord pour affirmer que M.Renzi fut la surprise, et le vainqueur " moral "de ces primaires.

 

Le maire de Florence n'a pas cessé durant cette campagne de dénoncer les apparatchiks du pouvoir, en appelant à la " rottamazione ", c'est à dire à " la mise à la casse " des vieux dirigeants, ce qui a réveillé les Italiens, quelque peu dégoutés de la politique menée par S.Berlusconi. La mobilisation fut forte - 4 millions d'électeurs se sont déplacés - et comme le dit Marc Lazar, politologue et spécialiste des questions italiennes, ce succès fut " un démenti, peut être provisoire, à la défiance vis à vis des partis politiques, qui en Italie, jouissent d'une cote de confiance de seulement 4% " !

 

En tout état de cause, l'éclosion de M.Renzi, pourrait servir servir d'exemple aux autres pays européens, qui se trainent avec le même personnel politique depuis 30 ans. Matteo Renzi a apporté un souffle, de l'oxygène à une classe politique vieillissante et corrompue! Espérons que ce ne soit que le début de la vague.

 

 

Amine Cassim

 

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Capital, comme Killing !

Si vous ne comprenez rien à la finance, à la crise financière dans laquelle le monde est englué, si vous voulez vous intéresser aux psychés des traders, et des banquiers d'affaires, allez voir le dernier film de Costa-Gavras, " Capital ", où la réalité pure et dure de ce monde cynique, où le monde n'est vu qu'à travers un seul étalon: l'argent ramassé sur des deals. Pas gagné, mais ramassé, car dans ce monde il n y a aucune limite aux gains.

 

Costa-Gavras, depuis " Z ", en passant par " l'Aveu " et " Missing " dénonce décennies après décennies, les injustices et les inégalités qui traversent notre monde. Dans une interview chez Frédéric Taddei sur France Culture, le réalisateur grec disait qu'il avait montré le script à quelques banquiers, car il pensait qu'il exagérait un peu sur les montants des bonus, et avec un grand sourire, ils lui ont dit qu'ils pouvaient rehausser tout cela, pour restituer la réalite de ce monde impitoyable.

 

La conclusion du film est vraie, sans appel, et pour la connaître, il faut aller voir le film.

 

Amine Cassim

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Le déclin n'est pas notre destin.

Très belle phrase prononcée par François Hollande lors de sa première conférence de presse réussie du quinquennat. Le rapport Gallois se met en place, la feuille de route est en mode " application ", alors pourquoi devons nous toujours réagir aux accusations des Allemands, ou à la une de " The Economist "?

 

The Economist est un hebdomadaire sérieux - la bible des milieux d'affaires - , au demeurant un excellent journal, et il n'a pas besoin de unes " outrancières " ( dixit le premier ministre ), pour faire vendre. Quand le journal avance que la France,de droite comme de gauche, est " hostile au capitalisme..(..), décourage les entrepeneurs..(...)..où les syndicats descendent dans la rue à chaque reforme.." a t-il tort? Pour ceux qui en doutent, allez donc à Londres, Barcelone, ou Varsovie, pour ne parler que de l'Europe, et vous verrez ce que nos compatriotes font, et comment ils manquent à notre pays!

 

Arrêtons aussi avec cette blague concernant la faiblesse de nos taux d'intérêts, qui serait due au changement de majorité! Nous empruntons à un niveau historiquement bas - et c'est tant mieux - car l'argent du monde, qui ne dort jamais, doit être toujours investit, et pour l'heure, vu l'état des économies du Sud, il profite à la France et à l'Allemagne. C'est juste une question d'arbitrage entre pays, et donc les investisseurs choisissent le moins pire.

 

" Le déclin n'est pas notre pas notre destin " à condition d'être honnête sur les faits ( et ils sont têtus! ), de se retrousser les manches, et de travailler dans le silence. Seuls nos actes vont parler. Toujours réagir à la pollution est une perte de temps, et surtout une marque de faiblesse.

 

Ainsi soit-il !

 

Amine Cassim

 

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La nostalgie d'Amin Maalouf.

Le livre d'Amin Maalouf, " les désorientés ", vient à point nommé après les événements qui ont secoué le Liban le mois dernier. L’assassinat du général Wissam Al Hassan, chef des renseignements de la police libanaise, a mis le pays des cèdres à nouveau au centre des préoccupations des chancelleries occidentales, alors que tout accuse la Syrie dans cette nouvelle tragédie.

 

Le Liban se retrouve encore en suspens, comme le héros de son livre, Adam, qui revient retrouver ses amis après des années d'exil, et constater par la même occasion que tout a été perdu, que les trahisons des uns et des autres ont brisé les certitudes, et qu'au final seule la fuite permet de se reconstruire.

 

Amin Maalouf se rappelle aussi de Stefan Zweig, qui en son temps, en Europe, avait trouvé que ce monde actuel n'était plus le sien, qu'il n y avait pas d'échappatoire, et que peut-être, le destin de l'humanité doit encore se fracasser contre les murs de la honte, pour que les citoyens, exténués par tant de drames, se disent qu'il faille trouver une autre solution pour changer de paradigme!

 

Très beau livre, même s'il est pessimiste, mais l'auteur de " Léon l'Africain " met le doigt sur les manquements de nos sociétés: plus de valeurs de solidarité, ni de sens du bien commun. Il appelle ses lecteurs à plus d'intégration dans la société, plus de progrès social, et plus de laicité. " Refuser les inégalités trop considérées dans le monde occidental comme une forme de modernité, et réparer le tissu social. Si nous le faisons pas, alors nous allons vers une destruction de l'humanité ".

 

Nous voilà avertis!

 

Amine Cassim

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Une tempête dans un verre d'eau.

À nouveau un couac au gouvernement, en général le lundi, à la veille des questions au gouvernement au parlement, sur le sujet des 39 heures. A se demander si Jean Marc Ayrault ne le fait pas exprès! En répondant à une question d’un lecteur du Parisien: » Si demain on revenait aux 39 heures, des gens seraient peut-être ravis ! « , le premier ministre a dit: » Développez ce point de vue. Vous verrez qu’il fera debat. Mais pourquoi pas. Il n’y a pas de sujet tabou. Je ne suis pas dogmatique « .

 

Et patatras! Tous les journalistes, la droite évidemment, lui sont tombés dessus – il doit être couvert de bleus avec tous ces couacs – et les observateurs se disent pourquoi pas, d’autant plus que dans l’excellent livre de Michelle Cotta, » le Rose et le Gris « , la journaliste fait état, lors de la mise en place des 35 heures, d’un doute de F.Hollande et de J.M Ayrault sur cette mesure, et qu’ils ont reçus une fin de non recevoir de la part de Lionel Jospin.

 

Une interview du premier ministre est toujours relue par les conseillers de Matignon, et là, ils ont été nuls – autant le dire ! – d’avoir laissé passer cet argumentaire qui fragilise encore plus le pouvoir en place. Les deux chefs de l’exécutif sont tombés à 36% d’opinions favorables, et puisque les temps sont difficiles, le travail de ces conseillers, c’est de protéger leurs employeurs!

 

Amine Cassim

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Notre ami, le Quatar.

Il ne se passe pas de semaines sans que le Qatar ne fasse la une de la presse. Un jour, son fonds d'investissement achète des palaces ( Le Martinez, le Concorde Lafayette, l'hôtel du Louvre, et le Palais de la Méditerranée ), le lendemain il investit massivement dans le sport hexagonal ( PSG, handball..), puis sur le marché de l'art, et depuis le début de l'année, le Qatar s'intéresse aux banlieues francaises. Cet accord, signé par Nicolas Sarkozy, et repris par le gouvernement Ayrault, est destiné à soutenir les projets emmenés par des entrepreneurs en zone rurale ou en banlieue. Et cerise sur le gâteau, le Qatar, sans passer par le statut de " membre observateur ", comme c'est habituellement la règle, vient d'être admis comme " membre associé " dans la Francophonie! Pas mal.

 

Il y'a tout de même un léger probleme. En Occident, le Qatar est vu comme un investisseur, soit dit en passant avec des conditions extrêmement avantageuses, puisque le pays ne paie pas d'impôt sur les plus values immobilières en France - mais au Nord-Mali, il joue un rôle qui ne se cantonne pas qu'aux " opérations humanitaires "! En effet, selon Hillary Clinton, " des fonds privés d'Arabie Saoudite et du Qatar constituaient la source la plus importante des groupes terroristes sunnites du monde entier ". La famille régnante, en finançant les djihadistes, visent les richesses du sous-sol sahélien, mais elle veut aussi ravir le leadership de la cause sunnite à la famille régnante d'Arabie Saoudite.

 

A l'heure ou François Hollande, à la tribune de l'ONU, s'inquiétait de la situation au Mali, ou nous avons 6 otages, et par extension au Niger, ou la France a de puissants intérêts, il est plus que temps de clarifier nos relations avec le Qatar. D'autant plus que nous serons engagés tôt où tard dans cette guerre, en soutenant l'Union Africaine militairement. On ne peut décemment accepter les investissements du Qatar d'un côté, et lui faire la guerre de l'autre! Mais sans doute que le cynisme est l'apanage des Etats.

 

Amine Cassim

 

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Noel à l’Elysée

C’est déjà Noel à l’Elysée. Après avoir estimé au mois de juillet que la » crise était d’une extrême gravité « , Francois Hollande, très optimiste de nature, a considéré que les pays de l’Union européenne étaient » tout près » d’une sortie de crise, dans un entretien au Monde, la veille du sommet européen de la semaine dernière. « Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près. Parce que nous avons pris les bonnes décisions au sommet des 28 et 29 juin, et que nous avons le devoir de les appliquer, rapidement », a déclaré notre président.

 

La méthode coué de Jean-Marc Ayrault a fait au moins un émule, mais voilà, la réalité est un peu différente! Union budgétaire, Union bancaire – que Francois Hollande a appelé de ses voeux pour la fin de l’année – tout cela est remis à la fin de 2013 au minimum, pour ne pas dire aux calendes grecques. Pour une simple raison: les Allemands veulent que les réformes de structures portent leurs fruits dans les pays du sud avant un quelconque accord sur ces thèmes. Nous sommes à nouveau face à un blocage allemand ( et je ne parle pas de l’échec de la fusion EADS-BAE, avec un » Nein » de A.Merkel ), et il est plus que temps d’engager une confrontation directe. Tout le monde le sait, mais personne n’ose le dire!

 

» Traitons l’Allemagne comme n’importe quel pays, admettons qu’elle se moque de nous…(..). Elle profite de l’euro qui nous interdit de dévaluer et de faire baisser notre cout du travail, elle renonce au nucléaire au prix d’un partenariat stratégique avec la Russie, sans même consulter ses partenaires européens. Avec un allié comme l’Allemagne, nous n’avons pas besoin d’ennemis « ! C’est Emmanuel Todd, historien, démographe, qui fait ce juste diagnostic, et Angela Merkel, qui sera en campagne début 2013, ne lâchera rien!

 

De toutes les manières, l’heure de vérité approche, puisque les instituts de recherche économique en Allemagne ont divisé par 2 leur prévision de croissance ( 1% contre 2% ) pour l’année prochaine, et que le pays sentira aussi les effets récessifs des pays ou elle exporte. En attendant, Francois Hollande ne peut pas gérer les affaires du pays comme il gérait les courants PS lorsqu’il était premier secrétaire. Il doit taper du poing sur la table, et le plus vite sera le mieux.

 

Amine Cassim

 

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Mélodrame en sous-sol

Les sondeurs se sont trompés! C est " le Pen au chocolat " qui a gagné les primaires de l'UMP face au réservé François Fillon. Ce mélodrame, qui aurait pu être une mélodie pour l'ancien premier ministre - certains sondages le créditaient de plus de 60% des votes - a finalement tourné court, et ce sont les idées de la "droite forte " qui ont eu les faveurs des électeurs de l'UMP.
Nous aurions tort d'ironiser sur ce qui s'est passé le week-end dernier - rappelons-nous le Congrès de Reims - car la victoire de Jean-Francois Coppé valide la doctrine Buisson, et cette fois c'est clair, une partie de l'électorat de la droite républicaine a basculé sur les terres du Front National. Il n y a pas lieu de se réjouir, car cette évolution peut nous revenir en boomerang! Il y a un profond malaise dans notre démocratie, et le message du week-end dernier, est que les partis sont déconnectés de la réalité quotidienne de nos concitoyens.
Comme le dit Dominique Reynié, politologue, la droite a trouvé sa " force dans l'ouverture au monde, l'Europe, la croissance, l'innovation, la refonte de l'Etat, la liberté individuelle, la responsabilité..." , et aujourd'hui son électorat a peur, et se retrouve sur un terrain identitaire! Ce n'est pas JFC qui a gagné, mais les idées du FN. Son leader se frotte les mains, et au milieu de l'échiquier, Jean-Louis Borloo espère les ralliements.
Et la gauche, dans tout ça? Nous avons besoin d'une opposition solide, mais surtout nous avons l'obligation de réussir, de remettre au centre les territoires de la République abandonnés, et favoriser la croissance et l'emploi. Jobs, jobs, jobs, comme le martelait Bill Clinton au début des années 90! Il n y a que cela qui fera la différence.
Amine Cassim

Ayrault dans le Merkoland.

 Jean-Marc Ayrault viendra passer deux jours à Berlin dans un contexte de crise européenne - rien de neuf donc! - mais aussi dans un moment ou les rumeurs vont bon train sur quelques malentendus de part et d'autre du Rhin! Tiens donc, le couple franco-allemand aurait il du plomb dans l'aile?

 

Selon le journal allemand Die Zeit, le ministre des finances Wolfgang Schauble, a demandé à cinq experts de travailler sur " un concept de réformes " pour booster la croissance de la France. Des deux côtés, on essaie d'être poli, d'arrondir les angles, mais il semblerait cette fois qu'on aille vers quelques tensions. Certes, le diagnostic allemand n'est pas faux - plusieurs billets s'en sont fait l'écho depuis 15 mois - mais autant mettre les pieds dans le plat, le problème de l'Europe n'est ni la Grèce, ni l'Espagne, ni l'Italie, ni le Portugal, ni la France, mais bien l'Allemagne.

 

Comme l'a dit Francois Hollande, le rapport Gallois sera appliqué dans ses grandes largeurs, mais il faudrait avoir aussi le courage d'affronter Mme Merkel, tentée à nouveau par l'hégémonie sur le vieux continent. Les réponses portugaises et grecques de la rue furent cinglantes ces derniers jours, et on ne peut plus faire semblant de faire comme si de rien n'était. Revenons donc à la fin de l'hiver 2011, lorsqu'Elisa Ferreira, eurodéputée socialiste, accusait l'exécutif européen de " cibler les pays avec des déficits tout en ignorant la plus grande cause de ce déséquilibre, l'économie allemande. "

 

Cette gouvernance punitive n'est plus acceptable, d'autant plus que l'exemple portugais nous montre tous les jours à quel point cette " culture de la stabilité " imposée par l'Allemagne ne marche pas! À Jean-Marc Ayrault de montrer la voie, ici à Berlin, car, comme l'a dit le président de la République dans sa première conférence de presse du quinquennat, " nous sommes la France, un pays majeur en Europe..." Les pays du sud, étranglés par l'austérité comptent sur nous, pour changer ce paradigme du " mourir, guéri. "

 

Amine Cassim

Yes, he did it!

Publié le 7 Nov 2012, 07:35.

 

Le monde en a rêvé, Barack Obama l'a fait! Le président sortant a remporté une majorité de grands électeurs (275 contre 203 à 5h30 ) face à Mitt Romney. La nuit fut longue et ce n'est qu'après le résultat de l'Ohio, considéré comme l'Etat le plus important, que les grandes chaines de télévision ont annoncé la victoire Mr Obama. Les démocrates vont conserver la majorité au Sénat, tandis que les Républicains la Chambre des représentants.

 

Pas d'analyse de fond à cet instant, juste un soulagement pour nous européens, si prompts à nous faire peur! L'élection américaine est toujours un enjeu important pour le monde mais depuis 2008, il y avait une sorte d'effervescence en raison de la personnalité d'Obama et de sa couleur de peau! Sa réélection prouve que les américains ne sont pas tous des adeptes de la Christian Coalition et qu'il reste un peuple raisonnable. Barack Obama va pouvoir continuer à travailler pour plus de justice sociale dans son pays, ce qui permettra à l'Europe et au pays de l'Oncle Sam d'être unis pour combattre la crise qui est loin d'être finie.

 

Quand l'Amérique vote pour un homme comme Barack Obama, le monde s'en porte mieux!

 

Amine Cassim