Qui est le plus clownesque ?

Depuis mardi, les chaînes d'infos, Peer Steinbruck, et quelques experts, nous assènent de leurs vérités en se moquant du scrutin italien. Beppe Grillo, et Silvio Berlusconi, sont traités de clowns, - les 2 candidats n'ont aucunement ma sympathie! - et à nouveau les élites politiques font comme si on mettait en scène Rigoletto, comme si les électeurs italiens n'étaient que des enfants qui auraient joué un mauvais tour à l'Europe.

 

Mais qui est le plus " clown ", entre nos deux lascars et Ben Bernanke, qui imprime de l'argent à tout va, où Mario Draghi, qui nous assure que " l'euro est irréversible "? Qui est le plus clown entre eux et nos politiques, qui montrent du doigt les " perturbations " occasionnées par le scrutin italien? Une manière d'affirmer, " circulez, il n y a rien à voir ", et de déconsidérer un choix démocratique. De manière à peine voilée, leur message est de dire qu' il est souhaitable que l'Italie change son système électoral, puisque ses citoyens ont mal voté! En terme d'image, ce scrutin tourne en dérision l'Europe, la Monnaie unique, et casse l'idée que " la crise de la zone euro est derrière nous ", comme l'a indiqué à plusieurs reprises François Hollande.

 

Mario Monti a légitimement le coeur lourd après son score décevant de lundi dernier ( 9% ) et même s'il " ne blâme personne, ni au niveau de l'Union européenne, ni parmi les Etats membres, il est évident que la crédibilité de la politique menée dans un pays peut souffrir si d'autres demandent des reports et les obtiennent "! Suivez son regard...Dans le même temps il a aussi reconnu " un énorme problème de visibilité de la justesse de la bonne politique..(..) si la vertu n'apporte pas de gains visibles, elle risque d'être de courte durée ", a t-il déploré.

 

Ce scrutin italien constitue un tournant dans la gestion de la crise sur le vieux continent, et nul doute que le rejet des systèmes en place au bénéfice des partis dits " alternatifs " touchera aussi la France lors des élections intermédiaires de 2014 et 2015. Le populisme est une menace, mais dans une certaine mesure, il permet aussi à nos politiques d'ouvrir leurs yeux sur la réalité de la situation que vivent les populations, et qu'on ne peut plus raconter d'histoires! L'Europe était une promesse, et aujourd'hui elle est un fardeau pour des populations exsangues. Les citoyens ont souvent une longueur d'avance sur les élites, et il serait temps d'en prendre conscience.

 

Amine Cassim

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