Noel à l’Elysée

C’est déjà Noel à l’Elysée. Après avoir estimé au mois de juillet que la » crise était d’une extrême gravité « , Francois Hollande, très optimiste de nature, a considéré que les pays de l’Union européenne étaient » tout près » d’une sortie de crise, dans un entretien au Monde, la veille du sommet européen de la semaine dernière. « Sur la sortie de la crise de la zone euro, nous en sommes près, tout près. Parce que nous avons pris les bonnes décisions au sommet des 28 et 29 juin, et que nous avons le devoir de les appliquer, rapidement », a déclaré notre président.

 

La méthode coué de Jean-Marc Ayrault a fait au moins un émule, mais voilà, la réalité est un peu différente! Union budgétaire, Union bancaire – que Francois Hollande a appelé de ses voeux pour la fin de l’année – tout cela est remis à la fin de 2013 au minimum, pour ne pas dire aux calendes grecques. Pour une simple raison: les Allemands veulent que les réformes de structures portent leurs fruits dans les pays du sud avant un quelconque accord sur ces thèmes. Nous sommes à nouveau face à un blocage allemand ( et je ne parle pas de l’échec de la fusion EADS-BAE, avec un » Nein » de A.Merkel ), et il est plus que temps d’engager une confrontation directe. Tout le monde le sait, mais personne n’ose le dire!

 

» Traitons l’Allemagne comme n’importe quel pays, admettons qu’elle se moque de nous…(..). Elle profite de l’euro qui nous interdit de dévaluer et de faire baisser notre cout du travail, elle renonce au nucléaire au prix d’un partenariat stratégique avec la Russie, sans même consulter ses partenaires européens. Avec un allié comme l’Allemagne, nous n’avons pas besoin d’ennemis « ! C’est Emmanuel Todd, historien, démographe, qui fait ce juste diagnostic, et Angela Merkel, qui sera en campagne début 2013, ne lâchera rien!

 

De toutes les manières, l’heure de vérité approche, puisque les instituts de recherche économique en Allemagne ont divisé par 2 leur prévision de croissance ( 1% contre 2% ) pour l’année prochaine, et que le pays sentira aussi les effets récessifs des pays ou elle exporte. En attendant, Francois Hollande ne peut pas gérer les affaires du pays comme il gérait les courants PS lorsqu’il était premier secrétaire. Il doit taper du poing sur la table, et le plus vite sera le mieux.

 

Amine Cassim

 

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